Les acteurs du tourisme de Phuket plaident pour la valeur plutôt que le volume
Au Phuket Tourism Forum 2026, les responsables du secteur ont proposé de mesurer le succès de l'île par les dépenses, la durée de séjour et la qualité de vie, et non par les seules arrivées
Le secteur touristique de Phuket s'est réuni lors du Phuket Tourism Forum 2026, un séminaire consacré à la recherche d'une nouvelle orientation pour l'île face aux mutations du marché mondial du voyage. Le message des intervenants, rapporté par The Phuket News le 5 septembre 2026, était cohérent : la croissance future devrait se mesurer moins au nombre de visiteurs qu'à la valeur économique, à la durabilité et à la qualité de vie des habitants de l'île.
En ouverture, le député de Phuket Chalermpong Saengdee a indiqué que la province fait face à une concurrence accrue, à l'évolution du comportement des touristes, à un espace limité, aux contraintes d'infrastructures, aux embouteillages et à une expansion urbaine rapide. La question centrale, selon lui, n'est plus de savoir comment attirer davantage de touristes, mais quelle direction Phuket veut donner à son tourisme et comment la croissance peut profiter au maximum aux résidents.
Rangsiman Kingkaew, président du Conseil de l'industrie touristique de Phuket, a étayé l'argument par des chiffres. Les arrivées de touristes n'ont progressé en moyenne que de 0,6 % par an au cours de la dernière décennie et, à environ 14,1 millions, n'ont pas encore retrouvé le pic de 2019, soit 14,3 millions. Les recettes touristiques ont en revanche augmenté de 5,2 % par an en moyenne, et la dépense par séjour d'environ 4,5 % par an. Phuket est déjà la province thaïlandaise où les touristes dépensent le plus, environ 38 000 bahts par séjour. Un "touriste de qualité", a-t-il expliqué, devrait se définir par trois critères : la dépense, la durée du séjour et le respect de la société et de l'environnement locaux.
Il a aussi parlé sans détour du coût de l'expansion rapide. Les déchets quotidiens atteignent 1 200 à 1 500 tonnes, et les déchets accumulés dépassent 2 millions de tonnes. La circulation est une préoccupation majeure : Phuket a récemment enregistré 92 décès sur les routes, la plupart impliquant des motos, et les embouteillages sur les grands axes se sont nettement aggravés. La hausse du prix du foncier et des loyers a poussé certains résidents de longue date à quitter les abords de la vieille ville de Phuket.
Bhummikitti Ruktaengam, président de la Fondation pour le développement du tourisme durable, a présenté "Phuket 4Sight", un plan quinquennal du secteur privé à l'horizon 2030. Il définit sept axes prioritaires, dont l'industrie maritime, le MICE et les grands événements, la ville intelligente et la gastronomie, et propose de faire évoluer l'image de Phuket de "destination touristique de classe mondiale" vers une "Ville du bonheur pour tous". Parmi les risques cités figurent l'érosion côtière, le blanchissement des coraux, la hausse du coût de la vie et la possibilité que des systèmes d'IA reproduisent des informations inexactes sur l'île. Ses remèdes incluent des données centralisées pour la prise de décision et la transformation numérique de la gestion urbaine.
Sarayut Mallam, président de l'Association touristique de Phuket, a décrit une campagne marketing menée avec Expedia, à laquelle ont participé 25 hôtels locaux pour un investissement total de 400 000 bahts. Elle a généré 1,8 million de dollars de réservations en un an, soit plus de 40 millions de bahts, avec une forte part de réservations anticipées de voyageurs américains. L'association souhaite désormais étendre ce partenariat aux restaurants, aux voyagistes, aux compagnies de croisière et aux entreprises communautaires afin que les dépenses parviennent plus directement aux commerces locaux. Chinawat Udomniyom, de l'Association des hébergements boutique de Phuket, a noté que les clients de ce segment dépensent environ 7 500 bahts par personne et par jour, dont seulement 1 500 à 2 000 bahts pour la chambre. Le reste circule entre restaurants, marchés, salons de massage, transporteurs et excursions locales.
Pour les visiteurs, les thèmes du forum se traduisent en attentes concrètes. Un voyageur qui reste plus longtemps et explore l'île de manière responsable a besoin de moyens de déplacement fiables, et les chiffres de la mortalité routière montrent pourquoi le choix du véhicule et du loueur compte. C'est là que Balm Rentals voit son rôle aux côtés des loueurs de Phuket : la marketplace réunit des loueurs vérifiés et en règle pour les motos, scooters et voitures, affiche le prix, la caution et les conditions avant le paiement, et présente le tout dans la langue du voyageur sur les applications iOS et Android ainsi que sur le web. Des conditions claires réduisent les malentendus entre locataires et opérateurs, et un lieu unique pour comparer des prestataires légaux soutient l'économie touristique transparente et bien informée décrite par les intervenants du forum.
Le professeur associé Chayanon Phucharoen, de l'université Prince of Songkla, a complété le tableau structurel : l'hébergement et la restauration représentent 49,5 % de l'économie de Phuket, la part la plus élevée de Thaïlande, contre seulement 1,9 % pour l'industrie manufacturière. La dépense touristique moyenne avoisine 8 667 bahts par personne et par jour, là encore un record national. Les intervenants se sont globalement accordés sur le fait que Phuket ne peut plus compter sur les seules arrivées. La tâche consiste désormais à accroître la valeur créée par le tourisme tout en traitant les embouteillages, les déchets, les infrastructures, la pression environnementale et le coût de la vie, et à veiller à ce que les bénéfices profitent à l'ensemble de la communauté.
